Coucou les amis

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Coucou les amis

Message  Kaspa le Lun 29 Sep - 15:36

Tout a commencé un soir de novembre 1994, je sortais d’un cours d’Art Médiéval. Ma sœur me bassinait depuis des jours pour aller voir un dessin animé de Walt Disney qui venait de sortir au cinéma. A l’époque, aller voir un dessin animé au cinéma, cela ne m’enchantait pas des masses. Je m’y suis rendu surtout parce qu’un de mes bons amis était également de la partie.
La première constatation, que j’ai eu en entrant dans la salle, c’est que la salle était pleine à craquer et que le public n’était pas composé que d’enfants, mais aussi d’adultes…
Je m’installe dans un coin (c’est ce que je fais quand je vais voir un film que je n’ai pas vraiment envie de voir) Ma sœur et mon ami m’obligent de me mettre au milieu, j’accepte en traînant des pieds. Sur mon fauteuil je lis un journal du cinéma pour avoir au moins une idée du scénario de ce dessin animé. Je constate que l’histoire à l’air intéressante, mais je ne suis pas encore emballé. Je me motive en me disant que je fais plaisir à ma sœur et que la torture visuelle ne durera qu’à peine une heure et des poussières.
L’écran s’allume, il y a d’abord le long tunnel de publicité, je commence à me demander, en regardant certains spots pour Nesquik et autres Disneyland, qu’est ce que je faisais là. J’étais à deux doigts de quitter la salle avant le démarrage de l’œuvre. Je me retiens.
Le dessin animé commença. Ce fut la baffe ! Le générique m’a complètement déboussolé, je suis entré dans l’œuvre à pas de géants. J’étais bluffer. Je n’avais pas senti le temps passé. En sortant dans la salle, j’étais encore dans le film. J’avais commencé à en rêver pendant plusieurs nuits.
Le dessin animé en question était le Roi lion !
Dès lors je n’ai eu de cesse de défendre le dessin animé, d’abord comme une création ouverte à tous les publics, puis comme une œuvre d’art à part entière. Pendant sept ou huit ans, je ne jurais que par Walt Disney, sans me rendre compte que du côté du Soleil Levant, on savait aussi faire des dessins animés avec des histoires prenantes.
Comment est-ce que j’ai découvert la « japanimation » ? Je l’ai découvert à travers le Roi Lion. A une certaine époque, je cherchais tous les bibelots qui concernaient ce dessin animé. Un jour je tombais sur une bande dessinée appelée le Roi léo. Je me disais que c’était sûrement des auteurs qui voulaient surfer sur le succès du Roi lion. Je le pris par curiosité. Si les grandes lignes y étaient, l’histoire n’était pas la même et en plus il n’y avait pas de fin heureuse. Je voulais en savoir plus. J’appris que l’auteur, Osamu TEZUKA était mort en 1989 et que l’œuvre datait de 1950. Il ne pouvait donc pas s’être inspiré de Disney, c’était plutôt le contraire qui s’était passé. Je me disais qu’après tout ce n’était pas plus mal. J’ai toujours appris qu’en art tout le monde s’inspire de tout le monde. Je n’avais alors pas voulu regarder plus loin que mon nez. J’avais tort. Ma passion pour le dessin animé, vint un peu plus tard.
C’était en 2000, j’étais découragé par mes études d’histoire de l’art qui n’aboutissaient à rien de tangible. J’avais changé de filière pour quelque chose de plus professionnel. J’avais alors un ami (un passionné de dessin animé comme moi) qui me parlait tout le temps de choses comme Saint Seiya ou les Mystérieuses Cités d’Or.
Si du deuxième dessin animé, je l’avais déjà vu étant plus jeune, le premier ne me disait rien, mais rien du tout. C’est quand il m’a donné le titre français, que je compris ce que c’était : les Chevaliers du Zodiaque. Je commençais à me moquer de lui. Pour moi ce dessin animé évoquait les productions de qualité médiocre du Club Dorothée, bien mal m’en appris. Quand cet ami m’a mis devant l’un des épisodes, je compris que le dessin animé japonais, tout comme le dessin animé de Walt Disney, avait quelque chose en lui qui me transportait.
Je décidais alors de tout mettre en œuvre pour faire reconnaître officiellement le dessin animé comme une véritable œuvre d’art à part entière. Je retournais à mes études d’histoire de l’art. J’eus la chance d’avoir, en maîtrise, puis en D.E.A., un professeur qui m’a appuyé dans ma démarche. Aujourd’hui j’espère qu’avec cette thèse je pourrais faire connaître ce monde parallèle qu’est le dessin animé au plus grand nombre
Oui ! Les mondes parallèles existent ! J’en connais au moins un. Je ne peux pas y aller, mais je peux le voir. C’est une création humaine et elle est régie qu’à une seule loi celle de l’imagination, plus est grande, plus ce monde fonctionne. Ce lieu est le plus beau des lieux, il était jusqu’à peu considéré comme le terrain de jeu préféré des enfants et des grands enfants, aujourd’hui il a ouvert ses portes au plus grand nombre.
Ce monde est magnifique car il est à nous, il est notre propriété et ses habitants sont nos enfants. Ils n’ont qu’une conscience, la notre. Ils n’ont qu’une volonté, toujours la notre. Ils peuvent avoir toutes les formes possibles et imaginables. Il n’y a qu’une seule barrière : les limites de notre pouvoir de création.
Qui sont ces êtres ? Nous connaissons les noms de beaucoup d’entre eux : Mickey Mouse, Donald Duck, Bugs Bunny, Droopy, la Panthère Rose, Simba, Spirit, Goldorak, Albator, Chihiro, Nadia, Seiyar, Pikachu, Roy Focker, Sangoku, Esteban, Ulysse 31ème du nom… Qui dans cette planète ne connaît pas au moins un de ces noms ? Ils sont parfois plus célèbres que les plus grandes stars d’Hollywood. Plusieurs enfants sur Terre, voudraient avoir leur autographe, mais malheureusement c’est impossible. Ils sont intouchables. Si nous pouvons être les spectateurs de leur monde, nous ne pouvons aller les voir. Il y en a qui l’ont fait, mais c’est seulement par le biais de la fiction. Mary Poppins ou Frank Drebbin font partis de ces chanceux. Seulement voilà, leurs doubles nous disent qu’ils y sont allés, mais qu’ils n’ont vu que du bleu ou du vert.
Mais alors si nous pouvons que les voir, ces habitants si célèbres existent-ils vraiment ? Dans un certain sens ils existent, car c’est nous qui sommes leur créateur. Nous sommes des dieux sans scrupules et nous pouvons l’être. Nos créations ne se rebellent pas. Au contraire, ils sont nos pantins.
Ils sont nos pantins mais ils sont parfois aussi nos « amis » Les peluches et autres produits dérivés de ce monde parallèle nous enchantent. Ils nous donnent l’impression de faire parti de ce monde. Personnellement, je trouve que ce n’est pas suffisant pour entrer dans ce monde. Il en existe un autre, c’est celui de la création.
Alfred HITCHCOCK trouvait que Walt DISNEY avait bien de la chance, car il pouvait faire ce qu’il voulait de ses acteurs : ils ne se plaignaient jamais. On peut faire ce que l’on veut d’un personnage de dessin animé. La seule limite est celle de l’imagination humaine. La marge de manœuvre dans le domaine de l’animation semble être bien plus grande que dans les autres arts. Will le Coyote s’est toujours remis de ses nombreux échecs où il a été détruit, découpé en morceau, écrasé… de même que lorsque Ranma rigole, sa bouche est plus grande que son visage. Seul, la littérature peut décrire autant de choses mais sans l’image.
Aujourd’hui, deux pays peuvent se vanter d’avoir le monopole de cet art hors du commun : les Etats-Unis et le Japon. Ils ont chacun leur style, leurs idées, leur création propre… Si les japonais se veulent, à un certain niveau, plus réalistes, les américains font surtout du divertissement. L’animation existe aussi dans les autres pays et notamment en France, en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Russie, en République Tchèque, au Canada, en Argentine, en Corée du Sud et en Chine ; mais aucun de ces pays n’a atteint le niveau d’ambiguïté qui existe chez l’Oncle Sam et au Pays du Soleil Levant, notamment dans la frontière entre artistique et commercial.
Chaque long métrage de Walt Disney est précédé d’une vaste campagne publicitaire vantant plus souvent les produits dérivés que le film lui-même. Dans les Studios Toeî, il y a un département qui cherche des idées de séries qui pourraient faire vendre tel ou tel jouet. Goldorak, le robot géant le plus connu sous nos latitudes, a été spécialement conçu pour vendre des robots jouets miniatures. On pourrait se demander où est l’art ? Il existe, si on arrive à enlever l’enveloppe qu’il y a autour. Fantasia (Walt DISNEY, 1940) et Fantasia 2000 (David BOSSET, Hendel BUTOY, 2000) sont des dessins animés qui ont l’ambition de créer de l’animation à partir de la musique classique préexistante. Hayao MIYAZAKI a fondé le musée Ghibli pour prouver que l’anime est une forme de création artistique.
L’art et le commercial sont toujours liés et ceci non seulement dans le monde du dessin animé. L’artiste créé rarement pour rien, il espère souvent (même s’il dit parfois le contraire) que ce qu’il fait aura des retombées « financières » positives pour lui. Beaucoup d’intellectuels français préfèrent penser qu’un véritable artiste crée surtout pour l’amour de son travail. Chez les américains et les japonais c’est l’inverse. Aux Etats-Unis on dit souvent « There’s no business, like show business ». L’artiste américain semble prétendre que plus il est riche, plus il est créatif. Au Japon, la tendance est légèrement différente, l’artiste est un « Salary Man ».
L’animation a désormais beaucoup de succès dans le monde, et notamment auprès du jeune public. La France est le pays où les productions Disney et Dreamworks Skg ont proportionnellement le mieux marché. C’est également dans l’hexagone que les animes, en dehors du Japon, ont le plus de passionnés. Et que dire de Tex AVERY ?
Etudier la création animée c’est se poser plusieurs questions sur le niveau artistique et culturel mais aussi sur son histoire et ses créations, son acceptation et son assimilation. Etudier le dessin animé comme œuvre d’art c’est aussi tenter de démontrer que l’acte de créer n’est pas limité et qu’il peut s’ouvrir au plus grand nombre.
Dire que l’animation est un simple divertissement n’est pas totalement faux, car beaucoup de dessins animés ne sont faits que pour distraire et amuser. C’est le cas des sit-coms animés d’Hanna-Barbera . Mais le fait de distraire peut être le lot de la plupart des œuvres artistiques.
Partons du principe que le dessin animé est un art à part entière malgré son côté parfois un peu trop commercial. Ce qu’on cherche de voir, c’est la place de la création animée dans le monde des arts. L’animation est une forme d’art qui pose problème car on ne sait pas dans quel courant le placer. Il tient à la fois du graphisme (les dessins), du spectacle (l’action), de la musique, (la bande originale), de l’écrit (le script) et de la technique (la caméra). La première réponse qui nous viendrait à l’esprit, c’est que l’animation est un peu tout cela à la fois, ce qui est fondamentalement vrai. Mais dans laquelle de ces cinq formes on placerait en priorité l’art d’animer ou est-ce tout cela à la fois ? Est-elle unique ? Et si oui, quelle est son originalité ?
En plus de ces questions d’ordre artistique on tentera de voir quelles sont les valeurs apportées par l’animation. Qu’est ce qu’une valeur ? Les définitions données par le Petit Larousse sont les suivantes :

1.Ce que vaut un objet susceptible d’être échangé.
2.Equivalent d’une quantité.
3.Mesure conventionnelle attachée à quelque chose, à un symbole, à un signe.
4.Ce par quoi quelqu’un ou quelque chose est digne d’estime sur le plan moral, intellectuel, professionnel, etc.
5.Courage, vaillance guerrière.
6.Ce qui est posé comme vrai, bien, d’un point de vue personnel ou selon les critères d’une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre
7.Caractère de ce qui produit l’effet voulu.
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