Phénomène Otaku (お宅)

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Phénomène Otaku (お宅)

Message  Kaspa le Ven 3 Oct - 13:36

En France, on entends souvent dire ici et là, “ moi je suis un otaku, j’adore lire des manga et regarder des anime ”.
Ce mot n’a jamais été réellement défini dans notre pays. Il est bien souvent usité, mais très peu compris. Il suffit de lire la presse qui se fait l’écho des modes actuelles. Récemment encore on pouvait lire un article traitant d’une “ génération d’otaku ” ; de jeunes ayant perdu leurs repères et qui se rassemblent devant les boutiques spécialisées le samedi après-midi pour acheter des produits importés du Japon.
Aussi, tentons de définir ce qu’est un otaku pour le citoyen français : Otaku - se dit d’une personne qui aime lire des manga japonais, de préférence en version originale, qui regarde des dessins animés japonais, de préférence en version originale sous-titrée, et qui collectionne tout un tas [langage un peu trop familier] d’objets importés du pays du soleil levant.
Si l’on regarde la définition d’otaku dans le Kôjien (Le Grand dictionnaire japonais), on y trouve les quatre explications suivantes :

-“ terme de politesse qui désigne le logis d’une personne ”.
-“ mot de politesse qui désigne le mari d’une personne ”.
-“ vouvoiement assez distant que les Japonais utilisent quand ils ont besoin de s’adresser à quelqu’un sans désirer pour autant approfondir la relation ainsi nouée ”
-“ personnes qui ont des connaissances de base lacunaires mais qui, en contrepartie, s’avèrent être intarissables dans des domaines et des sujets très pointus dans lesquels ils s’investissent complètement. Lorsqu’ils parlent entres-eux, on remarque qu’ils ont tendance à appeler l’autre otaku (vous) ”

Voyons l’historique du phénomène otaku : C’est en 1983 que l’essayiste Akio NAKAMORI, alors âgé de 23 ans, emploie pour la première fois le mot otaku dans un article paru dans la revue pour adultes Buricco. Il utilise ce vocable pour désigner un phénomène nouveau qui touche la jeunesse, faisant allusion à ces jeunes adultes qui restent cloîtrés chez eux toute la journée à regarder des dessins animés ou lire des Manga, et dont la passion est de collectionner les choses qui ne sont "plus de leur âge" (poupées, figurines, robots en plastique, images de personnages de dessins animés, etc).
Les otaku sont des enfants qui ont grandi avec la période de forte prospérité économique des années 60 ; période qui engendra non seulement l’essor du consumérisme, mais aussi, une plus forte compétition dans les écoles. Plus sensibles que leurs camarades au stress scolaire, les otaku se sont renfermés sur eux-mêmes, préférant la compagnie des héros de manga et de dessins animés à la réalité.
Les otaku ne sont pas des gens violents. Ce sont des personnes qui déploient avant tout leur énergie dans la collection d’objets atypiques et dans la compilation de notes sur leur sujet favori.
Si les otaku se sont retirés du système, c'est parce qu’ils n’ont pas trouvé leur place à l’intérieur de celui-ci. Ce sont des enfants qui, en restant continuellement enfermés chez eux pour étudier depuis leur plus jeune âge, ont perdu leur aptitude à communiquer avec les autres. Petit à petit, ils se sont retrouvés exclus de tout échange social. Aussi, pour se soustraire à leur quotidien et au productivisme ambiant, ils se sont créés un univers propre dans lequel ils se sentent en sécurité, utiles, aimés et compris par les personnages fictifs qui peuplent leur monde.
Les otaku conversent fréquemment entre-eux sur Internet, principal mode de communication de jeunes qui sortent rarement d’un monde virtuel. Quand par hasard il arrive à deux otaku de se croiser lors d’un événement spécial pour la promotion d’un artiste ou d’un nouvel objet, il est bien rare qu’ils s’adressent la parole. Les otaku répugnent à approfondir les relations personnelles. Ils préfèrent rester enfermés chez eux, dans leur chambre, où ils accumulent de quoi satisfaire leur passion.
Pour clore ce chapitre, voici le témoignage d’un otaku découvert dans le livre d’Étienne Barral : “ Les collectionneurs, tous ceux qui, comme moi, vivent par procuration doivent avoir un complexe quelconque. Lorsqu’on a un trou dans le cœur, la collection vient sans doute compenser ce manque. Quand on a la chance de vivre sans souci, on ne devient pas comme moi. ”
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