Définir le dessin animé

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Définir le dessin animé

Message  Kaspa le Jeu 2 Oct - 11:23

Alfred HITCHCOCK trouvait que Walt DISNEY avait bien de la chance, car il pouvait faire ce qu’il voulait de ses acteurs : ils ne se plaignaient jamais. On peut faire ce que l’on veut d’un personnage de dessin animé. La seule limite est celle de l’imagination humaine. La marge de manœuvre dans le domaine de l’animation semble être bien plus grande que dans les autres arts. Will le Coyotte s’est toujours remis de ses nombreux échecs où il a été détruit, découpé en morceau, écrasé… de même que lorsque Ranma rigole, sa bouche est plus grande que son visage. Seul, la littérature peut décrire autant de choses mais sans l’image.
Aujourd’hui, deux pays peuvent se vanter d’avoir le monopole de cet art hors du commun : les Etats-Unis et le Japon. Ils ont chacun leur style, leurs idées, leur création propre… Si les japonais se veulent à un certain niveau plus réalistes, les américains font du divertissement. L’animation existe aussi dans les autres pays du monde et notamment en France, en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Russie, en République Tchèque, au Canada, en Argentine, en Corée du Sud et en Chine ; mais aucun de ces n’a atteint ce niveau d’ambiguïté qui existe chez l’Oncle Sam et au Pays du Soleil Levant, notamment dans la frontière entre artistique et commercial.
Chaque long métrage de Walt Disney est précédé d’une vaste campagne publicitaire vantant plus souvent les produits dérivés que le film lui-même. Dans les Studios Toeî, il y a un département qui cherche des idées de séries qui pourraient faire vendre tel ou tel jouet. Goldorak, le robot géant le plus connu sous nos latitudes à été spécialement conçu pour vendre des robots jouets miniatures. On pourrait se demander où est l’art ? Il existe, si on arrive à enlever l’enveloppe qu’il y a autour. Fantasia et Fantasia 2000 sont des dessins animés qui ont l’ambition de créer de l’animation à partir de musique classique préexistante. Hayao MIYAZAKI a fondé le musée Ghibli pour prouver que l’anime est une forme de création artistique.
L’art et le commercial sont toujours liés et ceci non seulement dans le monde du dessin animé. L’artiste créé rarement pour rien, il espère souvent (même s’il dit le contraire) que ce qu’il fait aura des retombées « financières » positives pour lui. Beaucoup d’intellectuels français ne veulent pas penser qu’un véritable artiste puisse créer aussi pour de l’argent. L’artiste français semble ne créer que pour l’amour de son travail. Chez les américains et les japonais c’est l’inverse. Aux Etats-Unis on dit souvent « There’s no business, like show business » (Ginger ROGER dans Chercheuses d’Or 1933 [Gold Diggers 1933], Mervyn LeROY, 1933). L’artiste américain semble prétendre que plus il est riche, plus il est créatif. Au Japon, la tendance est légèrement différente, l’artiste est un « Salary Man ».
L’animation a beaucoup de succès dans le monde, et notamment auprès du jeune public. La France est le pays où les productions Disney et Dreamworks Skg ont proportionnellement le mieux marché. C’est également dans l’héxagone que les animes en dehors du Japon ont plus de passionnés. Et que dire de Tex AVERY ? Le dessin animé reste encore très critiqué chez nous en raison de plusieurs facteurs et notamment le public visé.
Etudier la création animée c’est se poser plusieurs questions notamment au niveau artistique et culturel mais aussi sur son histoire et ses créations, son acceptation et son assimilation. Etudier le dessin animé comme œuvre d’art c’est aussi tenter de démontrer que l’acte de créer n’est pas limité et qu’il peut s’ouvrir au plus grand nombre.
Dire que l’animation est un simple divertissement n’est pas totalement faux, car beaucoup de dessins animés ne sont faits que pour distraire et amuser. C’est le cas des sit-coms animés d’Hanna-Barbera. Mais le fait de distraire est le lot de la plupart des œuvres artistiques.
Ici, nous n’allons pas nous poser la question de l’art, puisque l’on part du principe que le dessin animé est un art à part entière malgré son côté parfois un peu trop commercial. Ce que l’on va chercher de voir ici, c’est la place de la création animée dans le monde des arts. L’animation est une forme d’art qui pose problème car on ne sait pas dans quel courant le placer. Il tient à la fois de la fois du graphisme (les dessins), du spectacle (l’action), de la musique, (la bande originale), de l’écrit (le script) et de la technique (la caméra). La première réponse qui nous viendrait à l’esprit, c’est que l’animation est un peu tout cela à la fois, ce qui est fondamentalement vrai. Mais dans lequel de ces cinq formes de création on placerait l’art d’animer en priorité. L’animation est-elle au-delà de tout cela ? Est-elle unique ? Qu’est ce qui la différencie des autres formes de création ? Quelle est, si elle en a, son originalité ?
En plus de ces questions d’ordre artistique on peut tenter de voir quels sont la ou les valeurs apportées par l’animation. Qu’est ce qu’une valeur ? Les réponses données par le Petit Larousse sont les suivantes :
1.Ce que vaut un objet susceptible d’être échangé.
2.Equivalent d’une quantité.
3.Mesure conventionnelle attachée à quelque chose, à un symbole, à un signe.
4.Ce par quoi quelqu’un ou quelque chose est digne d’estime sur le plan moral, intellectuel, professionnel, etc.
5.Courage, vaillance guerrière.
6.Ce qui est posé comme vrai, bien, d’un point de vue personnel ou selon les critères d’une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre
7.Caractère de ce qui produit l’effet voulu.
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